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Veines, rides, ridules et cicatrices se dessinent à la surface de la peau telles des marques laissées par un pinceau sur une toile. Ma démarche photographique consiste à aller saisir au sein de la réalité quotidienne, la ligne, le trait, la matière et la couleur, là où le hasard et le temps ont laissé leurs traces. Il ne s’agit pas d’imiter la peinture, mais plutôt d’agir selon les principes de la couleur sur la toile, c’est ce que je nomme « l’effet pictural ». Photographier l’épiderme humain comme je photographie le bois, la rouille, ou les fissures d’un mur, constitue une façon de le banaliser et de le standardiser. La peau devient un matériau plastique comme les autres, détaché de toute expressivité, imparfait et périssable.
Avec la macro-photographie, le gros plan nous amène à entrer visuellement dans la matière jusqu’à saturer l’espace de sa présence. Le fragment photographié s’émancipe des codes qui le rattachent au monde extérieur pour laisser place à un espace où la couleur n’a plus de dimension.
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